Osorezan

Avec son nom signifiant littéralement “le mont de la peur”, Osorezan (恐山) annonce directement la couleur. Découvert en 862 par un moine à la recherche d’un lieu ressemblant à l’enfer de la tradition bouddhiste, ce volcan est aujourd’hui considéré comme l’une des trois montagnes sacrées du bouddhisme japonais, en compagnie du très (trop ?) connu Koyasan, inscrit au patrimoine mondial par l’UNESCO, et du Hieizan, près de Kyoto. Osrezan semble être un lieu totalement unique (ce n’est sans doute pas pour rien que son découvreur a dû faire tout ce chemin avant de trouver son bonheur), qui ravira sans doute ceux qui sont un peu las des temples et sanctuaires mode tu-en-as-vu-un-tu-les-as-tous-vus.

Le lieu est développé autour du temple Bodai-ji (菩提寺), qui organise notamment son grand festival deux fois par an (en juillet et en octobre). La plus grande partie de ce qu’il y a d’intéressant à voir se trouvant à l’intérieur de ses murs, il faudra en payer l’entrée (500 yens pour les adultes, 200 pour les enfants). Ce n’est pas la peine de venir entre novembre et mars, tout est fermé (et les bus ne circulent pas). Fin octobre, par contre, les feuillages sont superbes.

Ensuite on emprunte un chemin très rocailleux (prévoir de bonnes chaussures !).

Les dépôts de soufre sur le sol contribuent à l’aspect “infernal” du lieu, y compris par l’odeur caractéristique qu’ils dégagent.

Il y a également beaucoup de statues de Jizo, au pied desquelles on dépose diverses offrandes afin qu’il guide les âmes des disparus.

Le lac Usori semble joli comme ça (on dirait presque Okinawa), mais son eau est en fait hautement toxique, du fait de sa forte teneur en soufre.

Restauration et hébergement

Il y a un restaurant juste à côté de l’entrée du Bodai-ji, qui sert des plats sans originalité (udon, curry rice, etc.) mais qui suffisent à remplir l’estomac. Ses prix sont un peu élevés, mais vu le peu de monde qui passe par là, il faut sans doute ça pour pouvoir faire tourner la boutique.

Le Bodai-ji propose aussi l’hébergement (shukubo). Je ne sais pas si je peux le conseiller, surtout à cause de l’odeur de soufre très présente, mais on ne sait jamais (je ne l’ai pas fait). Il en coûte apparemment 12000 yens pour la nuit et les deux repas (voir ici).

Accès

Contrairement à ce que son emplacement (sur la péninsule de Shimokita, à l’extrême nord de l’île de Honshu) pourrait laisser penser, y accéder n’est pas vraiment un enfer, il suffit de s’armer de patience.

Il faut d’abord rejoindre la gare de Shimokita, sur la ligne JR Ominato, qui a la particularité d’être la seule ligne JR, de tout le Japon, à n’être connectée à aucune autre ligne JR. Elle l’était jusqu’en 2010, quand le Tohoku Shinkansen a été étendu de Hachinohe à Aomori : la section correspondante de la Tohoku Main Line, à laquelle la ligne Ominato est connectée, a alors été transférée à la compagne Aoimori Railway, qui la gère aujourd’hui. Heureusement pour les possesseurs de JR Pass, celui-ci est valable sur la ligne Aoimori pour les voyageurs qui changent pour la ligne Ominato (le changement se fait à la gare de Noheji). Depuis le sud (Tokyo, Sendai, Morioka), il faut donc prendre le Shinkansen jusqu’à Hachinohe, puis la ligne Aoimori vers Noheji, puis la ligne Ominato vers Shimokita. Pour les horaires, Hyperdia est votre ami : depuis Tokyo, le trajet dure environ 5 heures (donc pas conseillé, car ça fait arriver tard), et depuis Sendai, environ 3 heures (pas top non plus). Le mieux est donc encore de passer la nuit précédente à Aomori ou à Hachinohe, le trajet dure alors “seulement” une heure et demie.

Une fois arrivé à la gare de Shimokita, il faut prendre un bus, dont les horaires sont calés sur ceux des trains (la gare de Shimokita est le premier arrêt (下北駅) et Osorezan le dernier). La plupart des bus circulent uniquement du 1er mai au 31 octobre, sauf le numéro 4 qui ne circule que jusqu’au 30 septembre. De plus, le dernier bus (avec le symbole 臨) est calé sur les horaires du train Resort Asunaro Shimokita, et ne circule donc que les jours où ce dernier circule (indiqués en vert sur le calendrier du lien précédent). Le Resort Asunaro fait le trajet Hachinohe-Shimokita et Shimokita-Aomori directement, il est également couvert par le JR Pass mais réserver son siège est tout de même obligatoire.

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